Association de Psychologues Cliniciens d'Orientation Freudienne

atelier de criminologie, 53e soirée, L’amour qui fait mal, “Le crime passionnel ou l’amour qui ne fait plus symptôme”, mardi 27 Mai 2025, 20h30

Date / Heure :
27/05/2025
20 h 30 min - 22 h 30 min

Catégories :

Mots-Clefs :
Amour, érotomanie, Haine, jouissance, sinthome, symptôme


Prix: gratuit


L’amour, élan vers l’autre, ravissement de l’être spécifie la condition humaine d’aimer et d’être aimé ; il est à la croisée du penser, du dire, de l’agir mais s’offre aussi aux manifestations les plus brutes de déstabilisation, d’idéalisation, de décompensation quand le désir est surplombé par la jouissance, lors d’une fin de relation vécue comme un lâchage ou un abandon. A la place du “qu’en est-il de mon désir?” revient sous un mode angoissant, que me veut-il ? Le sujet appréhende alors l’autre sous un mode persécuteur. La marque singulière de la psychose est que le rapport à la réalité est frappé par la certitude, devenue conviction de détenir la vérité. Dans la névrose Eros cherche la fusion, le Un de la complétude. Les conditions subjectives de la relation amoureuse s’ouvrent au manque et au désir, la demande se pare des chimères de la séduction, du semblant s’ouvrant au jeu érotisé, à l’éclat phallique supporté par l’autre ; l’installation de ces éléments permettent la fabrication du symptôme de l’Un. Certes l’amour est un semblant qui voile un impossible ; peu importe, chaque partenaire profite à sa façon du symptôme afin de résoudre ses conflits inconscients. Lors de la rupture, de la séparation, l’amour, pour le partenaire, ne fait plus symptôme ou sinthome (compensation). Face à l’irruption de jouissance qu’amène la déception, la tromperie, le sujet s’il ne trouve pas de solution, peut passer à l’acte, aller jusqu’au meurtre, au suicide altruiste. Dans la psychose par exemple, faute de la dimension phallique permettant d’assumer, la perte, la castration, pouvant faire face à la chute de l’illusion, du semblant, de la tromperie et du leurre, ouvre les chemins obscurs d’une jouissance délocalisée, réduite aux objets a (voix, regard, etc) venant fixer le sujet de façon inébranlable à son partenaire dans une potentialité persécutrice ou érotomaniaque dans un scénario pouvant être pervers, s’offrant à la jouissance de l’autre ou l’instrumentalisant à son service. Ce rapport altéré à soi-même et au monde aura des implications sur le corps, sur les pensées, le discours et les actes, aménageant parfois avec une certain succès les conditions pour une stabilisation ou suppléance après la rupture, par une sorte d’identification créatrice à quelque chose qui fait office de symptôme ; inversement la déflation de l’élation de la rencontre met à nu la pulsion de mort d’où les drames de jalousie, de passion ravageante, qui accompagnent moultes séparations faisant naître la haine, le désir de vengeance, le passage à l’acte suicidaire.

 

Présentation : Dario MORALES, psychologue GHU-Sainte-Anne (75), psychanalyste, membre ECF (78)
Invitée : Loanne DAUVILLIERS, psychologue clinicienne, USMP, REAU (77) ;

Soirée animée : Bernard JOTHY, psychiatre, psychanalyste membre ECF (75)

53 e Soirée organisée par l’association APCOF – ACF-IDF, entrée gratuite sans inscription